****** Poème******

****** Poème******
Il était dans une lointaine contrée
Un vieux chêne d'une centaine d'années
Devant qui s'étaient déroulés
Des combats des plus meurtriers.

Autour de lui tout était blessé
Mais jamais lui n'avait été touché
« Pourquoi ? » celui-ci souvent se demandait
Honteux d'avoir été ainsi épargné.

Comme pour répondre à sa question,
Du ciel descendit un petit ange blond.
« N'ai pas honte d'avoir été bon,
Tu as rendu service à la nation.

Te souviens-tu avoir tendu tes feuilles
Dessus la tête d'une jeune fille en deuil
Pleurant la mort de son aïeul
Qui au combat avait tourné de l'½il ?

Rappelle-toi ce jeune soldat
Qui, fatigué par le combat
S'était reposé auprès de toi,
Toi qui lui avais ouvert les bras.

Souviens-toi encore
Quand tu as caché de ton corps
Ce soldat voué à la Mort
Ainsi enlevé à son funeste sort.

Te rappelles-tu ces années
Durant lesquelles tu as prêté
A tous ces enfants enjoués
Tes branches auxquelles ils s'accrochaient ?

Comprends-tu maintenant
Pourquoi depuis tout ce temps
Ni la pluie ni le vent
Ne t'ont attaqué violemment ?

Le petit ange et son discours
Ont ainsi mit court
Aux peurs de cet arbre sourd
Qui n'en eut plus le c½ur lourd.

Ravi d'avoir ôté tout doute
L'ange blond reprit sa route
Vers d'autres âmes en peine
Comme l'était avant notre vieux chêne.

Quant à celui-ci
Après la visite de ce petit être béni
Resta à jamais en vie
Heureux de pourvoir aider autrui...

Auteur : Kristana
Photo : Kristana
[Musique : Pavane, Fauré]
# Posté le mercredi 11 octobre 2006 11:37

Encore un poème ****

Encore un poème ****
Telle la souillure sur la blancheur
Immaculée de cette couverture de peur
Pareil à des larmes colorées
Sur la neige fraîchement tombée

Ton sang sur ton corps coulait à flot
De ton c½ur meurtri à jamais
Comme la rosée sur la tige coupée
D'une fleur cueillie trop tôt.

Lentement la sève s'échappait
La vie te quittait goutte à goutte
Pendant qu'en silence tu mourais,
Mort que tu désirais sans doute.

Tu es parti ce soir-là
La vie était trop dure selon toi
Quand l'astre sous l'horizon s'est tapi
La douleur violemment t'a envahi.

Trop tard pour te ramener
Cette fin tu l'as décidée
Ne subsistent plus que de toi
Quelques traces par-ci par-là ;

Empreintes ensanglantées
De la main meurtrière
D'un être trop pressé
De franchir la barrière.

Va rejoindre l'éther
La rive dorée de l'univers
Celle qui pour toi tant comptait
Celle qui à elle t'a appelé.

Geste funeste que celui-ci
Qui laisse derrière lui
Maints doutes et tourments
Regrets et questionnements.

Peut-être un seul mot, un seul écrit
Aurait-il suffit à changer ton esprit
A empêcher ce triste rire
Que tu avais avant de partir.

Gravé à jamais dans ma mémoire,
Le regard que tu avais ce soir
L'eau était si belle et rosée
Si seulement ton sang cela n'avait été.

Pourtant je ne puis éviter
De penser au bonheur que je lisais
Dans tes yeux vers le ciel tournés
Ciel que tu ne verras plus jamais.

Mais aujourd'hui quand se lève le jour
Malgré la douleur de ton absence
Je sais que tu as saisi ta chance...
Repose en paix mon amour.

Poème et photo : Kristana
[Musique : Roméo et Juliette, Prokoviev]
# Posté le mercredi 11 octobre 2006 11:41

Re-poème

Re-poème
Plus rien ne m'effraye
Pas même les ombres qui se frayent
Un chemin vers les étoiles
Enlevant lentement leur voile.

Leurs silhouettes élancées
Se dressent dans les brume
Dont les lambeaux fument
Sur les braises d'un soleil d'été

Je les devine derrière ces murs
Sur lesquels serpentent leurs murmures.
Leurs yeux pleins d'effroi
Scintillent dans le noir si froid

Leurs visages maigres et émaciés
Flottent dans l'air du soir
Et comme dans un miroir
Se reflètent à jamais.

Soudain ils cessent de bouger
S'arrêtent pour observer
Celle qui venait d'arriver
Celle qui pénétrait leur contrée

Je venais sans doute d'interrompre
Le jeu invisible de ces enfants immortels
Qui battaient à tout rompre
Le sol, l'air et le ciel.

Leur ronde morbide
Prit donc ainsi fin
Dans ce désert aride
Où je posais mes mains.

Et dans un nuage de couleur
Tous disparurent doucement
Quittant à jamais leur douleur
Et leurs mimes de mourants.


Poème et image : Kristana
[Musique : Le trouvère, Verdi]
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# Posté le mercredi 11 octobre 2006 11:47

Envol

Envol
Je suis comme ce corbeau
Mes pas se perdent dans la neige
L'ont maculée de sang, sacrilège !
J'entends se fracasser mes os

Je suis comme ce corbeau
Chaque cri n'est qu'une goutte d'eau
Au milieu de nul part
Alors qu'au loin ma vie part

Je suis comme ce corbeau
Le sol à jamais je quitte
La Mort, je le sens s'invite

Je suis comme ce corbeau
Comme ce corbeau je fus
Car aujourd'hui je ne suis plus


Image et poème : Kristana
[Musique : Le Lac des Cygnes, Tchaïkosvki]
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# Posté le mercredi 11 octobre 2006 11:50

Pornographie mortuaire

Pornographie mortuaire
Ne m'oubliez pas
Vous, en bas !
Regardez-moi
Faites un pas
Deux, vers moi.
Levez les yeux
Contemplez les cieux
Voyez mon regard,
Hagard.
Je suis là,
Seul ici-bas
Mais je ne vous en veux pas
Que pouvez-vous à cela ?
Vous n'y étiez pas
Vous ne savez pas.
Son sang sur moi
Ah ! vous ne savez pas !
Mais moi j'étais là...
Je l'ai tenue dans mes bras,
Serrée contre moi,
Son corps si froid,
Son regard vide,
Son teint livide...
Puis ils sont venus
Ils l'ont vue.
J'ai tenté
Vainement de la cacher
Mais ils l'ont trouvée,
Ils n'ont pas essayé
De simplement m'écouter
Ils sont venus
Et m'ont lâchement pendu

Poème : Kristana
Image : Kristana (au chateau du Haut-Barr)
[Musique :Why ?, Dolls Of Pain]
# Posté le mercredi 11 octobre 2006 11:54
Modifié le mercredi 28 février 2007 11:03